De l'importance des vaches

Publié le par Meuble

Mardi midi, je suis allé faire un tennis avec trois collègues, deux féminines et un masculin. Deux équipes de deux, un membre de chaque sexe dans chaque équipe, et au final, un set fini au casse-cravate (tie-break pour les anglophones), perdu 7-5 si je me souviens bien. Ca, c’est pour situer le contexte, mais en fait, on s’en fout.

 

Pendant le trajet, à l’aller, s’est initiée une conversation, ma foie vraisemblablement fort intéressante, mais dont le contenu m’échappe totalement à ce jour. Le seul point qui mérite d’être retenu, c’est que la conversation, allez savoir comment, a dévié sur le lait. Le constat suivant est très vite apparu : les vaches ne font pas du lait uniquement pour le mettre dans des boîtes en carton pour supermarchés humains, non, en fait, les vaches produisent du lait pour nourrir leurs petits !

 

C’est de là qu’est parti le raisonnement qui aboutit à la grande question philosophique de ce siècle : les vaches produisent du lait pour leurs petits, c’est un point acquis. Mais les vaches ont besoin de se nourrir pour fabriquer du lait pour leurs petits. C’est aussi un point acquis. Or, les vaches se nourrissent d’herbe, qu’elles broutent joyeusement dans les prés quand elles ne sont pas occupées à se faire observer par des trains de passage. Donc la vache a besoin d’herbe pour exister. Mais la vache, dans son processus de fabrication de lait, produit des déchets, qu’elle a la bonne idée de transformer en engrais et de répandre dans son assiette. Ce qui a pour effet de faire pousser l’herbe. Donc l’herbe a besoin de la vache pour exister.

 

Alors qui est venu en premier : l’herbe ou la vache ??

 

D’après Fernandel, ce serait le prisonnier. Car, telle la poule dans son œuf, la vache est prisonnière de l’herbe, et tel l’œuf autour de la poule, l’herbe est prisonnière de la vache. Conclusion : dans un cycle infini de deux éléments, chacun précédant et suivant l’autre, les deux sont prisonniers d’un troisième élément qui n’est autre que leur union. C’est le prisonnier qui est la clé de toute existence. Car tout être vivant est prisonnier de son milieu, hors duquel il ne peut survivre. On a donc tous besoin d’une prison pour se développer, même si celle-ci limite notre taille. Et quand on a atteint notre taille maximale, il n’y a plus qu’à s’évader. C’est-à-dire mourir. Mais attention, la mort n’est pas forcément une preuve d’évasion. Elle peut être une preuve de l’existence d’un des éléments de la prison. Car notre milieu est temporel, et nous sommes tous dotés d’une date de péremption inconnue. Le but de la vie est donc de réussir à s’évader avant notre date de péremption, avant que le compte à rebours de notre prison temporelle ne soit achevé. Il faut donc se développer dans notre milieu pour en découvrir toutes les limites avant cet instant fatidique. Mais c’est justement en cherchant nos limites qu’on se développe. Ce qui revient à chercher nos limites pour découvrir nos limites. Mais comment sait-on qu’on a atteint une limite ? Si notre recherche est stoppée, est-ce parce qu’elle a abouti dans une impasse, ou qu’elle est arrivée à son terme ? Le seul moyen de le savoir est d’essayer de dépasser cette hypothétique limite, c’est-à-dire essayer de s’évader. Donc essayer de mourir. Une fois mort, la limite est franchie. Plus précisément, une limite est franchie. Comment délimiter une prison avec une seule limite ? Il faut donc réitérer l’opération pour découvrir nos autres limites. En essayant de s’évader à chaque fois qu’on pense avoir atteint une limite de notre prison. A chaque fois, si la mort survient, c’est qu’on a découvert une limite. Une fois toutes les limites découvertes, on saura donc comment franchir n’importe laquelle des limites. On saura également s’arrêter avant l’évasion. Par conséquent, ne plus mourir. Le secret de l’immortalité réside donc dans la mort. Plus on meurt, plus on est immortel.

 

Conclusion : merci la vache.

Publié dans Pensées en bouquet

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Belgarion 18/12/2007 09:55

Sinon, qu'est-ce qu'elle a, la vache ^^ ?des poils ? du lait ? 4 pattes ? une tête ? des cornes ? une queue ? des tâches ? des taches ? des grosses mamelles ? encore plus de poils ? de la chance ? une grosse défaillance mentale l'empêchant de distinguer le bien du mal et la rendant associale ? une raquette de badminton ? une bonne dose de bonne entrecôte ?

Meuble 16/12/2007 17:48

C'est le tie break, qui s'est fini à 7-5...Sinon, qu'est-ce qu'elle a, la vache ^^ ?

Tom 16/12/2007 16:29

Faudra que tu m'expliques comment tu finis un set 7-5 au Tie Break ... Par contre, je trouve ton raisonnement sur la vache un peu limite ...  ^^

Noë 13/12/2007 19:22

"Plus on meurt, plus on est immortel"... fallait la sortir celle-là! Je disserterais bien là-dessus mais :D'une, Belgarion vient de me couper le souffle, j'arriverais pas à faire mieuxDe deux, je suis crevée et j'ai faim (où y'a-t'il de l'herbe??? :p)De trois... mon blog prioritaire! 

Belgarion 13/12/2007 11:14

Mais si tu nourris la vache de farine animale (farine de vache il va de soit) ? La vache pourrait entrer en autosubsistance. Bon pour cela, il faudrait que toute la progeniture d'une vache puisse se nourrir exclusivement de sa mère (on considère un seul taureau qui se fait toutes les vaches et ne sera donc pas bouffé, la progéniture sera donc exclusivement feminine, sauf pour remplacer le dit mâle). Est-ce qu'un veau peu suffisement grandir et devenir genisse en bouffant sa mère, en mettant bas et en allaittant son petit ? Les genisse pouvant désormais veller pour la première fois à l'age de 2ans en moyenne[1], le temps de sevrage pouvant être considéré comme 5 semaines, il faut donc qu'une vache puisse vivre pendant environ 110 semaines du cadavre de sa mère. Cela veut aussi dire que le veau de 5 semaine devra tuer sa mère et le réduire en farine. Bon on aura tout de même inventé mieux que le mouvement perpetuel, la création magique d'énergie, car la vache qui peut attendre le meme poids que sa mere en ne mangeant que sa mere c'est tendu, ca veut dire aussi que la vache ne consomme pas d'energie, ne sue pas, n'urine pas ! De plus ça empecherait l'espèce de s'étendre, mais d'un autre côté on aurait plus aucun moyen de pression pour leur extorquer tout ce lait !Mais je pense qu'on a surtout démontré que l'herbe est ce qui empeche la vache de devenir sociopathe, canibale, necrophage, et ça, c'est déjà beaucoup pour de l'herbe ! Donc merci l'herbe ![1] Conduite et alimentation des génisses de boucherie de remplacement, J. Field, Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des affaires rurales du Canada