In my mind

Publié le par Meuble

Nothing. Nothing interesting ? No. Just nothing. In English. Why ? I don’t know. It just happens sometimes. Perhaps un lien de parenté lointain avec JCVD ? Ce serait fâcheux... Toujours est-il qu’in my mind, there’s just nothing. Enfin, pas tout à fait. S’il n’y avait vraiment rien, il n’y aurait même pas « rien ». Or, force est de constater qu’à la question « à quoi je pense en ce moment », la réponse est « rien ». Mais c’est faux. En fait, je pense que je ne pense à rien. Mais mon cerveau continue de fonctionner. Je n’arrive pas, d’ailleurs, à ne penser strictement à rien. Quand il n’y a pas de pensée futile ou de réflexion philosophique qui occupent mes synapses, il y a parfois (souvent) un bout de chanson qui traîne. Mais jamais du vide. Du vrai vide, noir, profond, tel qu’on se le représente. Ou alors, quand je dors, peut-être. Mais vu que, pendant que je dors, en général, je dors, je ne sais pas ce qui transite dans mes neurones. Au mieux en ai-je une petite idée à mon réveil, mais la plupart du temps, pour ne pas dire toujours, les bribes de conscience qui arrivent à retenir les fragments d’inconscient ne sont que trop fugaces, et laissent bien souvent la place à une brume qui se dissipe rapidement avec la prise de conscience de mon environnement. Mais quand je ne me souviens de rien, est-ce parce que ma mémoire ne réussit pas à retenir mes songes, ou est-ce parce que je ne songe tout simplement pas ? Il faudrait pouvoir surveiller mon activité cérébrale, et y distinguer la réflexion ou le rêve d’une simple activité témoignant de ma survie. Est-il seulement possible de ne penser à rien ? De vider son cerveau de toute pensée, de toute réflexion, de tout leitmotiv qui résonne lorsqu’on ne raisonne pas ? Personnellement je n’y arrive pas. Et il suffit que je me mette à penser à ce petit refrain qui se répercute contre les parois de ma boîte crânienne tel un écho pour sortir de ce « mode veille », et que mon esprit commence à dériver, passant d’un sujet à l’autre au gré de ses réflexions, même s’il n’y a pas de miroir pour renvoyer la balle. Syndrome de la page blanche ? Inconnu. Il suffit de se poser, un clavier dans les mains, et d’écrire ce qui me passe par la tête. Pas forcément intéressant, mais ça débouche souvent sur un point à approfondir, à analyser, et le mécanisme est lancé. Ou juste laisser dériver, comme maintenant, et bêtement retranscrire mon état d’esprit et le fil de mes idées. D’ailleurs, j’en reviens au début, en faisant ça... C’est bizarre comme la réflexion porte la pensée jusqu’à ce qu’elle épuise la source, puis revienne en mode veille en attendant un autre axe de raisonnement. Comme un cycle. Exactement comme ce qu’il vient de se passer. J’étais revenu au début, plus rien dans ma tête. J’allais me rendormir en attendant je ne sais quel déclic. Puis il est arrivé sans prévenir : le cercle. Ou une figure peut-être plus compliquée, type ouroboros, mais infinie tout de même. Une figure dont le début n’est que la fin du précédent début, et dont les virages ne sont que les changements d’orientation de la pensée ou la relative absence d’activité, passagère, du cortex. Mais dans ce schéma, cet immense serpent qui, enroulé sur lui-même, attaché à son propre corps via des nœuds improbables, entourant des branches d’arbre ou des colonnes de pierre qui sont autant de distractions pour lui, ce serpent se mord néanmoins indéfiniment la queue. Alors il faut que le début rejoigne la fin. On naît avec une pensée dans la tête, elle évolue, se transforme, grandit, mûrit, tout au long de la vie. Puis, arrivé au seuil du repos, elle a achevé son voyage. Juste avant de s’évanouir, rejoint-elle celle qu’on avait à la naissance ? Ainsi personne ne connaît les secrets du monde, car étant à peine nés notre mémoire est trop jeune pour se rappeler cette pensée, et étant presque décédés cette même pensée reste figée, sans pouvoir s’échapper vers l’extérieur et les éventuels témoins de la scène. Mais le cycle est ainsi bouclé, la conscience s’échappe, et revient entière dans une autre vie. Les réincarnations ne sont finalement qu’un changement d’enveloppe pour une pensée qui essaye en vain d’atteindre la connaissance, de croquer la pomme. Mais à la naissance nous n’avons pas de dents. Alors la pensée est oubliée et doit être de nouveau cherchée. Est-ce une forme de protection ? La vérité sur le monde serait peut-être trop lourde à supporter pour quelqu’un qui vient à peine d’arriver. Imaginez seulement naître avec toutes les connaissances accumulées durant toute une vie ? Ce serait merveilleux, mais également merveilleusement effrayant. On n’aurait droit qu’à un enchaînement d’existences qu’on pourrait améliorer avec les connaissances de la dernière en date, induisant ce formidable espoir d’accéder un jour à la perfection. Mais la perfection dépend des idéaux de chacun, qui peuvent diverger jusqu’à atteindre l’exact opposé des valeurs auxquelles on croit. De cette divergence naissent les conflits et les horreurs du monde, qui auront alors la possibilité de croître autant, sinon plus, que l’espoir de perfection. Connaître toutes les horreurs du monde dès notre arrivée en son sein, et savoir qu’elles ne feront probablement que s’étendre, voilà la partie effrayante de la connaissance universelle. A chaque arme sa parade, à chaque riposte sa contre-attaque. La connaissance n’aboutira qu’à la destruction auto-cannibaliste du monde connu. Plus de technologie n’a conduit qu’à plus de massacres, plus efficaces, plus rapides, plus violents. On cherche toujours à en savoir plus, on est curieux. Mais on se trompe de combat. Ce n’est pas le savoir qu’il faut chercher, c’est la sagesse qu’il faut atteindre.

Publié dans Pensées en bouquet

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Meuble 13/06/2008 13:50

Le bloc n'est pas gênant, car la pensée est fluide, et se lit facilement. Un petit air de connu, de déjà vu, un fil que j'ai déjà suivi, et me voilà, ma pensée contre ta pensée, prenant les virages du cercle, accompagnant les changement d'orientation... pas une pensée ne porte l'autre, elles glissent côte à côte dans le même mouvement parfait. Sérénité... le début du chemin de la Sagesse!

Panthère 12/06/2008 23:17

Ah mais non mais c'est très bien ! Et puis c'est assez représentatif, ainsi, du bloc de pensées qu'il nous arrive fréquemment d'avoir.Tourner en rond dans ses pensées, repartir de la même avec un chemin différent, ça m'arrive souvent.Et puis la sagesse : il n'y a que le sage de suffisamment sage pour se rendre compte que, plus il apprend des connaissances, moins il sait... :)

Meuble 12/06/2008 19:48

Désolé pour la présentation, ça fait un peu gros bloc, non ? Mais vu que c'est sorti tout d'un coup, en suivant juste un fil de pensée, je voulais le laisser comme ça pour montrer la continuité, au lieu de chercher à faire des paragraphes après coup...