À contresens

Publié le par Meuble

« Que deviens-tu ? »

Je ne deviens rien... je suis déjà.

Je pense, donc que je suis.

Je suis un courant de pensée, mouton parmi tant d’autres.

Ou est-ce ma propre pensée que je suis, mouton noir au milieu du troupeau ?

 

À contresens je pense,

Je rêve et j’espère,

Pouvoir rencontrer le berger,

Pour confronter nos idées,

Lui parler de liberté.

 

C’est lui qui dirige les moutons,

Choisit pour eux la direction,

Les garde dans le droit chemin.

Mais lui n’est pas plus libre qu’eux :

Si les moutons suivent le chemin, le berger ne fait que l’arpenter.

 

À contresens je pense,

Je diffère car j’erre,

Je peux m’écarter du chemin,

Regarder passer le berger,

Et laisser les moutons avec lui s’éloigner.

 

La direction est fixée,

Non par les moutons, ni par le berger,

Mais par ce binôme, lié par la force des choses.

Car c’est le devoir du berger, de garder ses moutons rassemblés.

Il a beau les guider, il n’est pas libre de s’en éloigner.

 

À contresens je pense,

Je choisis ma direction,

Ma liberté d’expression,

Ma parole et mes actions,

Sans aucune imposition.

 

Je m’évade et m’en vais,

M’oriente selon mon souhait,

Libre de toute contrainte,

J’explore et me nourris,

De la terre, des cieux, de mes envies.

 

À contresens je pense,

Autour du monde j’avance,

En marchant je réfléchis,

À ce qui me guide dans la vie,

Et je repense au berger, par ses moutons entraînés.

 

Je me suis rebellé,

De mouton j’ai évolué,

En une forme de berger sans mouton à s’occuper,

L’esprit libre de toute responsabilité,

Libre de penser.

 

À contresens je pense,

Je pense donc je suis,

Mais pas comme ces moutons :

Je pense par moi-même,

Je suis donc moi-même.

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Meuble 25/06/2010 16:47



Merci les gens :)


(Enfin, les gentes, en fait !)



Noë 23/06/2010 22:07



oO Ouaouh! J'en reste coite, c'est magnifique. Encore plus que la prose, les vers te vont à merveilles, les mots sautent mouton et leur mélopée sussurre déjà quelques notes à mon oreille.



ocleane 09/06/2010 10:16



Le commentaire précédent vaut autant le coup que l'article !


Je suis complètement d'accord avec CC, je n'ai pas grand chose à rajouter !


Joli poême



CC 31/05/2010 20:34



Deux mois sans te lire!!!  Je guettais, je guettais, mais rien; le vide, l'absence; je me demandais: l'antre existe-t-il encore? Mais aujourd'hui! oh oui! Enfin des pensées, des pensées de
liberté, des pensées qui font rêver...


Ne reste pas absent aussi longtemps: tu nous manques, même si nous ne prenons pas toujours le temps de répondre, de laisser une trace de notre passage. Nous aimons te lire.