Autant qui passe

Publié le par Meuble

Le temps passe et ne s’arrête pas. Plus de repères, la Terre tourne mais je ne la sens pas. Le temps d’une révolution, je me retourne et six mois se sont enfuis. Juin entamé, septembre est bientôt là, alors que l’hiver a disparu, n’en subsiste qu’un souvenir fugace de nuits plus longues, qui se dissipe dans la longueur des jours grandissant. L’hiver n’a duré qu’une heure, l’être semble insaisissable, l’été sonne comme le passé, le sera me renvoie des images d’étreintes. Échos du futur ou simple envie ?

 

Le temps passe si vite qu’il en devient flou, je suis perdu dans une ronde infinie, plus tellement net moi-même. Impression format A3, que ce qui compte se soustrait aux faits marquants, pour ne laisser trace que des manques à combler. La réalité est diffuse dans ce tourbillon, je songe éveillé que je vis en dormant, qu’Elevtherya est à portée de bras. Je n’ai qu’à les tendre pour agripper ce rêve-ci ou bien celui-là…

 

Le temps passe autour de moi, je reste statique comme l’électricité qui aurait fini de courir, je regarde avec l’œil du cyclone ma vie défiler dans ma périphérie, fluide. Envies, rêves et désirs se mêlent, orbitent à distance respectueuse, me frôlent et repartent sans me laisser le temps de faire ce pas en avant pour les saisir. Ma peau se chair-de-poulise et mes poils se dressent, dessin épidermique de cette vague frissonnante qui chatouille mon corps de l’intérieur à l’idée d’attraper, d’accomplir, d’assouvir toutes ces passions qui naviguent en rafting sur le courant désordonné de ma pensée.

 

Le temps passe et repasse, défripe les inhibitions et ride le front, impulse à créer les occasions au lieu de leur sauter dessus. Envie de le rester et d’en profiter, ne reste plus qu’à creuser, transformer les vides en pleins, emplir à ras et déborder, raz-de-marée inondant la grève et noyant l’inactivité ! Alors je troue, ponctionne et galerise, bâtis grandeur nature le réseau labyrinthique du relief de mon cerveau, ritualise le passage de la plaine en montagnes, grimpe et prends mon envol !

 

Le temps passe, vite ou lent, minute après seconde, mais je ne suis plus de glace, je me fonds dans son tourbillon, pour embrasser en un instant, ce qui me tient à cœur depuis enfant.

 

Étreignant le ciel d’une aile, je capturerai ces sentiments, pour les réciter à mes descendants.

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Meuble 19/08/2011 17:25



Merci Alta' :) !



altahine 30/06/2011 09:52



Très beau texte. La formule finale, c'est vrai qu'elle marque!


Je te souhaite d'attraper tes rêves. :)



Meuble 27/06/2011 19:46



Baudelaire, carrément oO ?!


Merci, ça fait bien plaisir de lire ça :) !



florence 18/06/2011 19:39



La chute est admirable. Je l'ai retenue comme je l'aurai fait d'un vers de Baudelaire (l'Albatros... au hasard).