Des bleus et des pas mûres
Samedi. Journée débutée calmement, au rythme d’une grasse mat’ traditionnelle. J’ai beau être en vacances, il n’y a pas de raisons qu’un samedi échappe ainsi à une tradition séculaire ! Un ptit déj’, un peu de ménage, une douche, préparation des affaires, et hop, direction la voiture, pour rentrer à Mennecy. Je pars, il est 16h. J’arriverai à 16h45 si y a pas trop de monde.
Lecteur mp3 allumé, trajet débuté, route dégagé. D36, N118, N104, A6. Tout va pour le mieux sur les routes de France. Jusqu’à la sortie de l’A6. Je quitte l’autoroute, je suis sur la bretelle de sortie, et là, CLAC, et puis plus rien… je continue sur ma lancée, le temps de comprendre ce qui se passe. Impossible d’avancer, une voiture derrière, des plots sur la droite. Bon… Feux de détresse, je me gare sur la gauche, on est dans un virage, en plus, vraiment mal placé !
J’ai pas rechargé mon téléphone avant de partir… Ca va, il reste un peu de batterie. Appel à la rescousse des parents : je suis en panne, je fais quoi ? Bon, y a pas 36 solutions, faut appeler Inter Mutuelles Assistance. IMA pour les intimes. Problème : je dois pas être à plus de 50 km de Voisins, et dans ce cas-là, pas de prise en charge par IMA. Bon, j’appelle, on verra bien ce qu’ils disent.
Allo ? Voilà, je suis en panne… étonnant, non ? Si j’ai fait ce numéro et que j’ai appuyé sur les touches de mon portable pour indiquer que j’étais en panne avec aucun blessé, on aurait pu s’en douter, quand même… Bref. Le numéro d’assuré ? Avec plaisir. Le contrat est donc au nom de mon papa, domicilié à Mennecy. Moins de 50 km ? Ah bah oui, du coup, là c’est pas aux alentours de 50, que je suis, mais aux alentours de 5… Et donc ? Pouvez pas intervenir, c’est ça ? Oui… bien. Merci-au-revoir-bonne-journée.
Voilà, ça, c’est fait. Re coup de fil à la maison. Ils peuvent rien faire chez IMA, on fait quoi ? Ben, laisser la voiture là, vu comment elle est garée, vaut mieux pas ! Ca vous dérange d’appeler un garage ? J’ai aucune idée de ce qu’il y a dans le coin, et si je pouvais garder un peu de batterie au cas où, ça m’arrangerait…
Avant d’appeler une dépanneuse, mon papa vient voir par lui-même la situation. Une vingtaine de minutes d’attente, je le vois au bout de la bretelle d’autoroute, il arrive. « Ah ouais, non, on peut pas la laisser là… Sympa, ce t-shirt ! Elle démarre vraiment plus ? » Ah ça, non, elle démarre plus… C’est bien ça le problème, d’ailleurs. « Bon, ben on va appeler le garage, alors. » … « Ok, ils arrivent. Par contre, ils ont pas le droit de venir sur la bretelle de sortie, va falloir pousser la voiture. »
A ce moment-là, voici à peu près la situation :
L’autoroute est au nord de la photo, la bretelle de sortie est la route à peu près verticale et à peu près au milieu (pour ceux qui connaissent, c’est la sortie au niveau d’Ikéa).
Cette bretelle est, bien évidemment, en sens unique, comme l’indique la flèche bleue.
La voiture est arrêtée sur le côté gauche de la route, symbolisée sur ce magnifique schéma par le point rouge.
Le but du jeu est alors de pousser la voiture, en marche arrière, donc, le long de la route, jusqu’à la petite allée au bout de la flèche rouge notée 1.
Dans un deuxième temps, il faut lui faire traverser la route, en marche avant, cette fois, et suivant la flèche rouge notée 2, pour l’amener jusqu’au point vert, derrière le terre-plein.
Bon, c’est parti ! Je reste au volant, mon papa pousse la voiture. Manœuvre effectuée sans problème, en poussant par intermittence, quand la voie était dégagée. A peine la voiture arrivée au niveau du point vert, que la dépanneuse était là. Je récupère toutes mes affaires, les transfère dans le scénic de mon papa, et ma voiture se retrouve accrochée par les roues avant pour l’amener au garage.
A ce stade, il doit être 17h50. A quelle heure ferme le garage ? Aura-t-on le temps d’y amener la voiture avant la fermeture ? La dépanneuse part sans perdre de temps, on la suite peu après. Ma maman, restée à la maison, trouve le numéro du garage et appelle pour savoir si c’est encore ouvert et si on a le temps d’arriver. Résultat, ça devrait être bon.
Effectivement, une quinzaine de minutes plus tard, on arrive à destination. Le garage est encore ouvert, la voiture y est donc déposée. Seulement un commercial présent, il faudra repasser lundi pour les ordres de réparation. Lundi, j’ai un entretien pour le boulot. Je pourrai pas. Merci papa d’être venu pousser la voiture sur la bretelle, de m’avoir ramené, et d’aller au garage lundi. Je vérifie qu’il n’y ait plus d’affaires vitales dans la voiture, et direction la maison. On y arrive à 18h30. On en repartira à 19h.
Entre samedi et dimanche. Soirée rugby en famille à Palaiseau. Début des hostilités à 19h. Bon, en partant à 19h, et sans téléportation à disposition, autant dire qu’on n’était pas en avance. Pas grave. Au programme, ¼ de finale XV de France – All Blacks, avec un magnifique buffet (mais hélas sans Buffet) en guise de repas. Y avait bien à manger pour cinquante, au bas mot, et comme on était quatorze, il en restait un peu à la fin... Cela dit, tout était vraiment très bon ! Crudités, tartes, pâtés, gâteaux… Fallait bien ça pour se remonter le moral en vue de la future défaite des tricolores face aux kiwis !
D’ailleurs, là était le dilemme : qui supporter ? L’esprit patriotique avait tendance à pousser vers les bleus, tandis que les affinités avec les kiwis tendaient à tirer vers les blacks. Les deux sentiments étant différents, ils pouvaient néanmoins se superposer sans s’annihiler. Ce qui fut fait : autant soutenir les deux équipes, et ainsi éviter la frustration : ainsi, pas de risque d’être triste de gagner, ou heureux de perdre !
Résultat : ce fut un fort beau match, assez équilibré pour le rendre intéressant et ménager le suspense. N’étant pas analyste sportif, je ne me risquerais pas à énoncer comme des vérités des suppositions justifiant l’inattendue victoire de la France face aux prétendus imbattables néo-zélandais, mais j’ai l’intime conviction que tout s’est joué avant le coup d’envoi, au moment du haka des kiwis. Parce qu’ils ne sont pas habitués à ce que l’équipe en face réagisse, sûrement. Alors que là, l’équipe française a répondu. Et d’une bien belle manière, je trouve : un rien provocant, en avançant, tous sur une ligne et en se tenant par les épaules, vers les kiwis en pleine transe maorie, le tout avec un regard menaçant. Le tout montrait bien, non seulement que les français étaient extrêmement soudés, mais aussi que les néo-zélandais ne leurs faisaient pas peur. D’autant plus que leur manière de fixer les kiwis dans les yeux, avec des airs de psychopathes, avait de quoi impressionner.
Rajoutez à cela un Chabal, et la réponse au haka est complète. Oui, parce que le Chabal, tout le monde en parle. Mais pourquoi ? Il est meilleur que les autres, il se distingue par son jeu ? Honnêtement, je trouve pas. Et il paraît que certaines le trouve séduisant. Je ne sais pas si vous avez vu sa tête, mais franchement, il fait peur ! Cheveux longs, grosse barbe fournie, il irait très bien dans 300, en barbare spartiate. Pour bien faire comprendre ce que je pense de son apparence, je ne citerai pas le slogan actuel de Charal, qui connote chez Chabal une appréciation consensuelle, mais plutôt un vieux slogan de la marque, qui, je trouve, sied beaucoup mieux à Chabal : « La viande a enfin un nom ! »
Bilan : une soirée fort sympathique, avec une belle victoire des bleus, 20 – 18, durement gagnée.
Prochaine étape : l'Angleterre, samedi prochain.
Dimanche. Entretien demain, donc retour à Voisins. Sans voiture et avec un gros sac, je me fais ramener par mon papa. Merci pour le voyage ! Arrivé dans l’appart’, rangement des affaires, et préparation du trajet pour le lendemain. Direction La Défense. Rendez-vous à 14h. Horaires théoriques : bus à 12h30, train à 12h52. Arrivée à 13h18 à la Défense. Fin de soirée, un merle au téléphone, et couché tôt pour la journée de lundi, faut être en forme. D’autant plus quand les horaires ne se sont révélés être que théoriques…