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Jeudi 7 janvier 2010 4 07 /01 /2010 00:33
Sur un texte de Boris Vian, et une mise en musique d'Eiffel : Je voudrais pas crever



Je trouve ce texte très beau, et la chanson qui en découle tout aussi magnifique, transcendant l'écrit pour lui donner une nouvelle intensité. Alors pour la beauté de l'écriture, parce que j'aime jouer avec les sonorités, jouer avec les mots, les images et les idées, parce qu'il n'est jamais trop tôt ou trop tard pour rendre un hommage, et parce que le rêve est l'échappatoire de la morosité :


Je voudrais pas (non plus) crever.

Je voudrais pas crever, avant d’avoir été gonflé. Sans m’être envolé, sans avoir volé un nuage, un aigle ou une fusée. Sans avoir connu l’apesanteur, et la pesante heure qui s’ensuit, cette sensation d’être écrasé comme une vache sur son plancher.

Je voudrais pas crever avant que soit créés la neige en été, les batailles de boules de sable, les humains ailés et enfin tous métissés, les annihilateurs d’inégalité, l’oubli du malheur, et le monde en couleurs.

Je voudrais pas crever, sans avoir exploré la mer, sans avoir connu les sommets de ses profondeurs, l’avoir bue à m’en être noyé, et digérée à en ressusciter. Sans savoir où est le bouchon qui l’empêche de se vider, sans savoir qui la trouve amer au point de la saler.

Je voudrais pas crever sans savoir ce que j’aime, ceux que j’aime… et aussi ce que je déteste, ceux que je hais, ce qu’elle est, elle que j’aime. Je voudrais pas crever sans l’avoir rencontrée, sans avoir mangé sa bouche, mordu sa chair, goûté ses lèvres, l’avoir avalée tout entier. Je voudrais pas crever avant de l’avoir contemplée, en robe d’été dans un champ de blé, en chemise de nuit éclairée par le feu dans la cheminée, ou nue sous un rideau de pluie argentée.

Je voudrais pas crever sans savoir si la lune est plate, si sa face cachée a été trouvée et est peuplée. Sans avoir connu ses habitants, lunatiques sélénites, humains en visites, ou marsouins de passage, voguant loin de Mars à la recherche d’une autre guerre de masse.

Je voudrais pas crever sans avoir discuté avec les morts, leur avoir raconté leur futur : mon présent. Sans le leur avoir offert comme un présent de leurs descendants, leurs gènes, leur sang.

Je voudrais pas crever avant d’avoir connu les Atlantes et leurs mystères révélés, sans savoir si ces dauphins qui nous rient au nez sont leurs descendants ou de parfaits étrangers.

Je voudrais pas crever sans avoir joué du tuba pour observer les poissons, nagé en plein délire, des lyres à la main et des palmes aux pieds.

Je voudrais pas crever sans avoir écrit un cri, essayé un essai, délivré un livre. Sans avoir pansé mes pensées douloureuses pour les soigner jusqu’à l’os, m’affranchir de cette odeur de souffre, ensemencer la félicité et l’encourager à grandir, puis la cueillir et la distribuer, la répartir… À tous ceux qui attendent autre chose de cette Terre qu’un simple passage au vide, aux cheminots cheminant, aux déesses SDF, aux affamés effarouchés, et aux hideux idéalistes.

Je voudrais pas crever sans savoir pourquoi, tous ces « pourquoi ? » qui courent en moi depuis des mois, des ans, des vies. Pourquoi le ciel est froid, le sol est chaud ? Pourquoi les étoiles s’enfuient ici face au soleil, et le font là-bas s’enfuir ? Pourquoi la Terre, pourquoi la vie ? Pourquoi moi, comme ça, ici ? Pourquoi deux bras, pourquoi cinq doigts, pourquoi deux mains, pourquoi aujourd’hui ?

Pour coiffer au poteau la faucheuse, se moquer de son échec et mater sa déception, planqué tranquille derrière un buisson, je voudrais pas crever.

Je voudrais pas non plus crever avant d’y être arrivé, d’avoir sans relâche continué, obstiné, jusqu’à pouvoir enfin la provoquer, avant qu’elle me prenne lui affirmer qu’elle a échoué, que de la vie j’ai profité, et que maintenant, je n’en ai plus rien à foutre de crever.

 
Par Meuble - Publié dans : Nouvelles
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Dimanche 3 janvier 2010 7 03 /01 /2010 23:35
"Les jours rallongent... C'est bientôt l'été !"
Par Meuble - Publié dans : Tranches de vie
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Vendredi 1 janvier 2010 5 01 /01 /2010 19:06
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Par Meuble - Publié dans : Tranches de vie
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Lundi 28 décembre 2009 1 28 /12 /2009 23:12
Un peu de nouvelles de ma quête de la carte grise : hé oui, parce que mine de rien, c'est Noël en ce moment ! Reprenons là où nous en étions restés : le mardi 1er décembre, j'envoyai donc mon dossier en recommandé, avec l'original de ma carte grise, une enveloppe timbrée au tarif simple, et à mon nom, pour le retour du certificat provisoire d'immatriculation, ainsi qu'un chèque de 2.50€ pour les frais d'acheminement de la nouvelle carte grise.

Je circulai donc dès le lendemain, pour parer à toute remarque désobligeante lors d'un éventuel contrôle des forces de l'ordre, avec une photocopie de ma carte grise et le récépissé du recommandé. La semaine suivante, je ne me souviens plus quand exactement, je reçus l'accusé de réception du recommandé. La préfecture a donc bien reçu mon dossier, le 3 décembre pour être précis. L'accusé de réception est reparti le 4.

Je circulai donc dès le lendemain, pour parer à toute remarque désobligeante lors d'un éventuel contrôle des forces de l'ordre, avec une photocopie de ma carte grise, le récépissé du recommandé, et l'accusé de réception du sus-mentionné recommandé. Les jours passèrent, suite d'invariables quotidiens à l'épiscopalité aussi exempte d'une missive de la préfecture qu'un autoportrait de l'homme invisible.

Puis vinrent les vacances de fin d'année, et la traditionnelle fête de Nowel, pour laquelle j'abandonnai donc mon domicile pendant quelques jours. De retour hier soir dimanche 27 décembre, je me précipitai derechef sur ma boîte aux lettres, empli d'une telle fébrilité à l'idée que j'allais peut-être découvrir un rectangle portant mon écriture, signe que la préfecture était en train de traiter mon dossier, qu'il était complet, et que ces messieurs-dames avaient enfin daigner accorder à mon endroit une attention ne serait-ce que bégnine, que je ne pouvais empêcher mon membre porteur de la clé de trembler à l'approche de la serrure qui allait enfin en tournant dévoiler le contenu de la boîte, qui allait de fait me plonger derechef dans une joie immense ou une déception profonde.

La porte enfin ouverte, j'entr'aperçus plusieurs morceaux d'arbres morts reconvertis en papier, parmi lesquels une enveloppe qui m'étais étrangement familière... et pour cause, puisque c'était moi-même qui l'avait rédigée ! Surexcité comme un chien aimant ronger sentant poindre Noël au pays des squelettes, je déchiquetai bien vite ce rectangulaire opercule, mettant à nu une feuille A4 qui, pour le coup, s'était mise en 3, et portant mention, dans sa partie titrale, de l'annotation suivante : "Certificat Provisoire d'Immatriculation" ! Sur son corps était en outre tatoué un peu plus bas : "période de validité : du 21/12/2009 au 20/01/2010 inclus". J'appris donc que le certificat avait été émis le lundi 21 décembre, et qu'il s'était introduit dans ma boîte soit le jeudi 24, soit le samedi 26, seuls deux jours d'absence pendant lesquels les services postaux opéraient.

Saisissant le reste du courrier, je mis alors la main sur un avis de passage du facteur, m'informant qu'un préposé s'était présenté à mon domicile le 24 décembre mais qu'étant donné mon absence, il repartit avec son message, tel l'empereur, sa femme, et le petit prince. Il m'avait cependant laissé une note m'enjoignant de me rendre à son centre de stockage le plus proche, où il garderait précieusement ledit message à mon intention, à partir du 26 décembre.

Aujourd'hui matin, je me rendis donc dans ce lieu fort fréquenté qu'est le bureau de poste, juste avant la fermeture déjeunale, afin de quérir ce qui me revenait de droit. Après quelques deuxaines de minutes d'attentes, je reçus, contre signature, une enveloppe portant l'en-tête "Centre SDG, TSA 50004, 08101 Charleville Mézières CEDEX". Enveloppe contenant, vous vous en doutez, mon nouveau certificat d'immatriculation !

Je tiens donc à rendre ici hommage à ces travailleurs de l'ombre de l'administration, qui réussissent l'exploit de me faire parvenir, quasiment en même temps, deux certificats d'immatriculation, l'un provisoire, l'autre définitif. Je dis "quasiment en même temps", car, grâce à l'avis de passage du facteur, je sais que le certificat définitif est arrivé le 24, mais je ne sais pas quand est arrivé le provisoire : soit le 24, soit le 27. Bon, laissons le bénéfice du doute, ne soyons pas mauvaise langue, je suppose donc que les deux sont arrivés le même jour. Bien que l'idée que le certificat provisoire ait pu arriver après le définitif me séduit de manière remarquable...

Conclusion de cette épopée : j'ai donc, depuis aujourd'hui, de nouvelles plaques sur ma voiture, en concordance avec ma nouvelle carte grise, elle-même en concordance avec mon adresse postale actuelle ! Victoire !
Par Meuble - Publié dans : Tranches de vie
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Vendredi 25 décembre 2009 5 25 /12 /2009 20:11
Joyeux Noël à tous ! En espérant que la fête fut réussie, avec ceux qui comptent pour vous, que vous vous êtes rempli la panse, que vous avez gâté et avez été gâtés, au point que vous êtes aujourd'hui tout fatigués et à la diette en attendant le réveillon du nouvel an !

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Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /2009 20:20

Neige

Poudre de coton froid

Douceur

Sons assourdis, atténuation du bruit urbain

Calme

Blanche pureté qui recouvre tout, efface les traces

Sérénité

Pépites tombant, ballet gracieux de flocons poussés par le vent

Beauté

Buée sur les vitres, interfaces gelées, contraste de la chaleur du foyer

Quiétude

 

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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 19:13

Vu dans le Zapping de Canal+, le 30/11/09 : des jeunes militants UMP, revêtus de combinaisons de plongée, ont entrepris de se baigner dans les eaux pures de la Seine, dans le cadre du sommet de Copenhague, pour « alerter sur le réchauffement climatique ».

 

Malheureusement pour eux, la baignade dans la Seine est interdite. Des policiers sont donc arrivés sur les lieux de la manifestation, et ont commencé à verbaliser les contrevenants.

 

Heureusement pour eux, la technologie en matière de communication s’est bien développée ces dernières années, voyant notamment la naissance du téléphone portable, et des radios.

 

C’est donc tout naturellement que les policiers, après avoir discuté avec un ou des interlocuteurs non identifiés, ont rangé leurs procès verbaux, et ont laissé partir les jeunes militants UMP, libres et exempts de toute contravention, avec en bonus un air de supériorité, d’arrogance, et de suffisance qu’on ne retrouve guère que chez des gens persuadés (à juste titre) d’être intouchables.

 

À un des journalistes présents qui filmaient la scène (et la Seine), un policier interrogé sur ce subit revirement de situation, répondit d’un air embarrassé : « Je sais... c'est des choses qui arrivent, des fois, voilà. »

 

Il faut croire que ces jeunes n’avaient tout simplement pas terminé leurs études de droit, comme le veut la mode ces temps-ci, et ignoraient donc l’interdiction. Notez que la maxime consacrée se formule « nul n’est censé ignorer la loi », et non « nul n’est sensé d’ignorer la loi ». En effet, pour échapper à la loi, nul besoin d’être sensé, il suffit d’être à l’UMP.

Par Meuble - Publié dans : Tranches de vie
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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /2009 19:27

Toute cette semaine, Ouï FM fait gagner des places pour le concert privé d’Eiffel, lundi 14, à la Flèche d’Or. Enfin, depuis ce week-end, en fait, contrairement à ce qu’indiquait leur site internet (à savoir début lundi 7). En effet, samedi matin, 8h55 à peu près, j’entendis l’animateur offrir des places aux premiers qui appelleraient la radio. Le temps de faire le numéro, forcément, il était trop tard.

 

Mais du coup, je me suis remis à écouter Ouï FM. Parce que depuis la grande époque (en gros, les années 2000 et la période LMDMeuF), où les animateurs étaient vraiment bons, et la musique aussi, cette radio s’est bien dégradée... Ce qui coïncide, étrangement, avec l’arrivée d’Arthur à la présidence de ladite radio. À la suite de quoi les animateurs ont tous commencé à partir, et beaucoup se sont retrouvés sur Le Mouv’, où ils sont d’ailleurs encore aujourd’hui.

 

Bref, programmation moins bonne qu’avant, animateurs qualifiés remplacés par des plus classiques, c’est-à-dire qui parlent vite et n’ont rien à dire, mais réussissent tout de même à donner l’impression qu’ils ont un QI moyen proche de celui d’une éponge comatique (bon, pas tous quand même, certains « anciens » sont restés, mais ils sont peu nombreux), en fin de compte « l’esprit Ouï FM » a disparu... et c’est bien dommage. Conséquence, je n’écoute plus Ouï FM qu’occasionnellement.

 

Sauf depuis samedi, donc, puisque je guettais l’opportunité de gagner des places. Ce matin, 8h25, j’entends une nouvelle fois la possibilité de gagner des places. J’appelle, cette fois on prend mon numéro et mon prénom, et on me dit qu’on me rappellera si je suis sélectionner. Une dizaine de minutes plus tard, j’entends l’animateur discuter avec un auditeur... pour lui offrir des places. Elles me passent sous le nez encore une fois...

 

Et puis, vers 9h, mon téléphone sonne, numéro inconnu. Je me dis, en décrochant, qu’il y a de bonnes chances pour que ce soit la radio. Effectivement, ils me rappellent pour me proposer de participer à un jeu et ainsi peut-être gagner des places. En pleine pandémie de grippe A, le jeu est simple : déterminer si les personnalités citées par l’animateur sont vaccinées ou pas.

 

Fin de la chanson, l’animateur annonce le jeu, et présente les participants. Je suis face à une certaine Julie. Celle ou celui qui donne le plus grand nombre de réponses justes remporte les places ! À partir de là, j’avoue que je sais plus trop ce qui se passe, je ne me souviens pas des personnalités citées, Julie et moi répondons en fonction de notre intuition, guidés par ce que nous inspirent les noms : jeune, vieux, fréquente du public, serait plutôt du genre à suivre les préceptes du gouvernement ou pas, etc. Au final, dernière personnalité citée, et Julie et moi sommes ex aequo. Un dernier pour nous départager : Fred et Jamy, de C’est pas sorcier. Résultat... nous répondons la même chose ! Encore ex aequo, donc...

 

Du coup, ils nous offrent deux places chacun ! Aux Ahuris, donc : rendez-vous lundi soir !

 

Pour les autres, je ne peux m’empêcher d’apporter quelques précisions sur Eiffel. En effet, quand j’en parle, on répond souvent « Ah oui, ça me dit quelque chose ! C’est de l’élecro, non ? » Non. Ça, c’est Eiffel 65, et ça n’a strictement rien à voir...

 

Eiffel, ça n’a rien à voir non plus avec la tour de Gustave. Le nom vient d’une chanson des Pixies. Eiffel, c’est du rock français, groupe formé à l’heure actuelle de Romain Humeau, Estelle Humeau, Nicolas Courret, et Nicolas Bonnière. Les deux premiers forment le noyau dur, puisqu’ils sont là depuis le début. Nicolas C. était également présent à l’origine, mais s’est séparé du groupe pendant un moment, avant de revenir pour l’enregistrement du dernier album, À tout moment, sorti le 5 octobre dernier. Enfin, Nicolas B. a rejoint le groupe pour la tournée, et pour info, c’était le guitariste du groupe Dolly, et il accompagne d’ailleurs toujours Manu, l’ex-chanteuse, dans sa tournée solo.

 

Pour donner des repères peut-être plus parlant, on peut entendre en ce moment sur les ondes À tout moment la rue et Sous ton aile, les deux premiers singles du dernier album sorti. Parmi les autres titres connus, on peut citer Te revoir, Tu vois loin, ou Ma part d’ombre, singles tirés des albums précédents. Enfin, si vous allez en bas de cet article, vous pourrez écouter Minouche, morceau présent sur le dernier album.

 

Eiffel, c’est donc quatre albums studio et un double album live. Assimilés à Eiffel, on trouve l’album solo de Romain, L’éternité de l’instant, et des titres avec Bertrand Cantat, notamment une reprise du Temps des cerises qui date d’il n’y a pas très longtemps. Coopération loin d’être étonnante, parce que les deux sont amis, et que, quand on parle d’Eiffel, on cite généralement Noir Désir, ne serait-ce que pour situer le style parmi la pléiade d’artistes différents qui fleurissent de nos jours. Mais, même s’il reste vrai qu’un fan d’un des deux groupes appréciera très certainement l’autre, on ne peut pas non plus résumer Eiffel à Noir Désir, ce sont deux groupes très différents avec chacun leur personnalité, leur recherche instrumentale leur poésie. Les textes d’Eiffel sont d’ailleurs toujours très travaillés, avec des pépites de beauté lexicale et de doubles sens qui font la richesse des paroles. Sans compter la mise en musique de textes et poèmes qui rendent superbement bien, notamment Je voudrais pas crever, sur un texte de Boris Vian.

 

Extraits :

Plus de choix si on t'en donnait un peu moins

Plus de profit en as-tu besoin ?

T'as tout, tu profites de rien !

 

Avec des si, nous aurions tous les droits,

L’amer ne serait plus à boire

 

Que ne donnerai-je donc

Mais qu’ai-je donc à donner ?

Des fleurs cueillies dans la poussière...

Pointes d’orages

Le bruit des bottes, le silence des pantoufles

Pour l’étouffement des rages

 

Le calme après la tempête

Peut aussi atteindre des sommets.

Puisque l’on ne rêve pas sa vie

Mais que c’est elle qui nous rêve

Il nous faudra chercher sans trêve

Dans ses recoins les plus jolis

 

Pour de l’amour-propre, combien de mains sales ?

 

Tous tes rêves éveillés

S’entendent dire " Z’avez vos papiers ? "

 

Et si quelques points noirs

En cols blancs poivrent nos cieux

D'ondes occultes en tubes longs et creux

 

Comme la promesse au pays

D’un pitbull au Fouquet’s

 

Dieu, tu laisses à désirer

Et nous prêtes à croire

Que de la tête aux pieds

Nous sommes du hasard


Par Meuble - Publié dans : Tranches de vie
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Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /2009 19:50

TGV à destination de Valence. Pas envie de lire, pas envie de sortir la DS. Je finis par sortir mon PC, ouvre un nouveau document Word pour y poser des mots. La page reste blanche alors que je cherche des idées à retranscrire. Le téléphone d’une dame sonne derrière moi : message sur son répondeur. Volume au maximum, on entend tout. Nuisance sonore qui attire l’attention et agace les voyageurs. L’écran du PC, branché sur secteur parce que la batterie ne tient plus que 20 min, change de luminosité de temps en temps, en fonction... de quoi, au juste ? Des tronçons de voies ferrées ? Certains sont alimentés, d’autres non ? Moi, au milieu des soubresauts du train et des bruits de fond du roulement, de conversations, de pages qui se tournent, de claviers qui cliquètent, je commence à remplir cette page. Je me dis qu’en écrivant viendront les idées. Un contrôleur entre dans le wagon, m’obligeant à m’interrompre. D’après son badge, il s’appelle Manu. Il prend mon billet, le perfore, me le redonne, et continue sa ronde en s’éloignant vers l’autre bout du wagon. Il est grand. Heureusement que sa tête est penchée pour regarder les voyageurs assis, sinon il toucherait le plafond, le raclerait du haut du crâne en avançant. À force de s’y frotter en allant et venant, il n’aurait plus de cheveux, et la peau de son crâne brillerait, lustré à la perfection par cette moquette rouge accrochée au plafond. Il a l’air bien stable, comme si les turbulences ne l’affectaient pas. Peut-être, au fil des ans,  a-t-il développé une capacité naturelle à compenser les trépidations du train. Une de ses collègues le rejoint. Elle a une casquette. Je suppose que Manu n’en a pas parce qu’il n’y a pas la place sous le plafond, pour lui et une casquette. Sa collègue aussi a l’air stable. Tous les agents SNCF passant leur vie dans les trains finissent-ils par développer cette capacité à se mouvoir dans les wagons comme le commun des mortels sur la terre ferme ? Mon voisin, qui était parti téléphoner, revient. Il vacille dans un des soubresauts de l’engin, confirmant l’hypothèse. Combien de temps les contrôleurs passent-ils, en moyenne, par jour, dans un train en mouvement ? Supposons qu’ils soient aux 35h, ça nous fait 7h de travail par jour. Mettons que les ¾ du temps, ils sont dans un train qui roule. Ils passeraient alors 5,25h par jour soumis à cette instabilité en mouvance. En décomptant le temps de sommeil, les moments où on est assis dans sa voiture, à son bureau, à table, devant la télé, etc., ils passeraient presque plus de temps à marcher dans l’instabilité d’un train plutôt que sur la stabilité de la terre ferme. J’en déduis que cette supposée capacité naturelle à rester stable devient en fait leur démarche normale, qu’ils ne savent plus avancer sans compenser les mouvements de balancier d’un train, qu’ils doivent par conséquent tanguer, une fois revenus sur le plancher des vaches. Tous les humains avançant péniblement, vacillant dans la rue, supposés ivres ou drogués, ne seraient en fait que de simples agents SNCF rentrant chez eux après une dure journée de travail ? Mais ce ne sont pas les seuls... Les marins, les pilotes d’avion et hôtesses de l’air, peut-être même les chauffeurs de bus et de taxi ? Tous ceux-là seraient victimes d’une déformation professionnelle de leur démarche, les faisant tituber sur le sol où nous autres progressons sans difficulté ? Je suis persuadé que ce n’est même pas considéré comme une maladie du travail... Si des personnes directement concernées par ce trouble lisent ceci, je les encourage à créer un groupe de pression pour militer en ce sens ! Ce genre de maladie doit être fascinant à étudier... Y a-t-il, par exemple, corrélation entre la nature des oscillations endurées et la démarche qui en résulte ? Pourrait-on, rien qu’en observant leur démarche, déduire le métier de ces pauvres hères ? « Celui-ci démarre toujours penché en arrière, est relativement stable pendant sa progression, mais subit de violents à-coups de temps à autre, et adopte de nouveau une position penchée vers l’arrière avant de s’arrêter. Il doit travailler dans avion... ». « Celle-là au contraire vacille de manière presque régulière, comme un bruit de fond permanent sur lequel viendraient s’ajouter quelques pics, oscillations plus fortes que la moyenne, mais tout de même relativement peu violentes. Elle doit travailler dans un train... ». « Cette troisième personne tangue d’avant en arrière, de droite et de gauche, en fonction dirait-on de la météo. Il doit travailler sur un bateau... ». Est-ce une maladie incurable, ou le processus est-il réversible ? Si cette déformation provient d’une habitude, force de répétitions d’un même environnement perturbé jour après jour, il doit bien y avoir un moyen pour revenir en arrière, en se réhabituant à marcher sur un terrain stable. D’ailleurs on voit moins de vieillards que de jeunes tituber dans la rue. Preuve qu’une fois à la retraite, et passé un certain temps de réadaptation loin des trains, ces malades finissent par retrouver la santé. Il faudrait suggérer à la SNCF de créer un programme de prévention et de lutte contre ce fléau. Pourquoi, tout simplement, ne pas consacrer une partie de la journée de travail à faire marcher les personnes à risque, ne serait-ce que sur des tapis roulants si la place manque ? Pourquoi ne pas pousser le raisonnement encore plus loin, en alliant prévention, écologie, économies ? Remplacer les tapis, roulant tout seuls, par des tapis qu’il faut faire rouler à la force des jambes. Relier ces tapis à des dynamos. Produire de l’électricité grâce à cette installation. Faire rouler des trains grâce à l’électricité ainsi produite. Avec suffisamment d’agents SNCF, les trains pourraient rouler, les contrôleurs se relayer pour se reposer, et le tout en luttant contre cette terrible maladie professionnelle. Ne resterait plus alors qu’à trouver un système équivalent à appliquer aux avions et aux bateaux...

Par Meuble - Publié dans : Pensées en bouquet
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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /2009 19:03
Suite de l'aventure de changement de carte grise : suite à mes demandes de précisions, j'ai reçu un nouveau mail (concis) :
"bonjour
il faut un chèque de 2.50€ pour les frais d'acheminement de votre nouvelle carte grise et une enveloppe au tarif simple.
bonne journée."

Pour mémoire, ma requête comportait les interrogations suivantes :
"- est-ce que j'ai le droit de circuler sans carte grise, puisqu'il faut envoyer l'originale ?
 - faut-il un justificatif de contrôle technique en cours de validité ? Si oui, une photocopie du dernier PV de contrôle technique est-il valable ?
 - enfin, j'ai eu plusieurs informations différentes à propos des frais de dossier : soit "une enveloppe affranchie au tarif Recommandé", soit "un chèque de 2,50€ pour les frais d'acheminement et une enveloppe timbrée au tarif simple pour le retour du certificat provisoire d'immatriculation". Pourriez-vous donc me préciser ce qu'il faut envoyer pour que le dossier soit complet, et, s'il faut faire un chèque, à quel ordre dois-je le libeller ?"

Me voilà donc bien avancé, non ?

Par ailleurs, autre option : je suis passé ce soir chez un garagiste habilité à faire les dossiers et délivrer une attestation provisoire en attendant le certificat d'immatriculation officiel. Coordonées trouvées sur le site web de l'Agence Nationale des Titres Sécurisés, ANTS pour les intimes et les entomologistes anglophones. Résultat : pas de problème, ils font bien ce service. Par contre, un changement d'adresse, c'est trop simple, ils savent pas faire. Ils peuvent s'occuper des cas de cession et achat, pour véhicules neufs et occasions, mais c'est tout.

Effectivement, le site sur lequel ils enregistrent les dossiers est "minimaliste" (dixit le garagiste), et ne propose pas le choix de changement de domicile. Changement de titulaire, oui, mais changement d'adresse, non... Pour ça, apparemment, faut obligatoirement passer par la case Préfecture...

Bon, bah retour à la case départ sans gagner 20.000 francs, comme on dit.
Par Meuble - Publié dans : Tranches de vie
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