Sot l’y dèse – Part 3
Finalement, on s’endort… pour se réveiller sur les coups de 9h. Sans compter les réveils intermédiaires, qui constituaient seulement des pauses dans le sommeil. Et on s’endort presque comme on s’était réveillé : tout rouge d’avoir pris des coups de soleil. Mais presque seulement : là où il n’y avait que rougeurs sur le nez, il y a ce matin de la peau qui pèle, et qui fait comme des cloques, d’om suinte je ne sais quelle substance. Je crois bien que c’est la première fois que mon nez coule de l’extérieur.
Le petit déj’ est généreusement offert par un célèbre fabricant de brownies, et on a droit à un petit bout en échange d’une queue apparemment monstrueuse. A tel point qu’on décide de ne pas faire la queue pour si peu : on sort des brioches, on fait pot commun, on mange. La seule chose qui manque, c’est du liquide pour faire passer tout ça. Parce que de l’eau au petit déj’, c’est pas bon. Tant pis, on n’a que ça.
On profite du repas pour établir le programme de la journée : un passage à la tente de la protection civile, pour mettre quelque chose sur mon nez, puis quelques courses pour avoir de quoi se faire des sandwichs et éviter de faire la queue à l’heure des repas. A la protection civile, je demande quelque chose pour mon nez, on m’offre gentiment de la biafine. J’en étale sur mon nez. Le lendemain, on y est retourné, pour en avoir encore un peu. Cette fois, on nous dira que leurs stocks de crème solaire et de biafine sont épuisés, et que de toute façon, la biafine, il ne fallait pas en mettre si on retourne au soleil : ça fait comme de l’huile de friture, et c’est pire… Pourquoi on m’a pas dit ça samedi ? Aucune idée. En tout cas, je suppose que mon nez a continué à frire un peu samedi, du coup. Mais il était à l’abri sous ma casquette, alors sa situation n’a pas dû s’aggraver.
Retour à la journée de samedi : après le passage biafine, on sort du site, direction la ville, pour aller se ravitailler en victuailles. Le shopi est à 15 – 20 minutes de marche. Et on n’est pas les seuls à avoir eu cette idée, parce que le petit magasin est bien peuplé ! Par deux catégories de personnes, principalement : des jeunes un peu rouges, habillés en festivaliers, les cheveux longs, l’air rebelle, et des vieux, dont tout laisse à penser qu’ils sont des habitués du magasin, et que les jeunes suscités, bien que venant troubler la monotonie de leurs courses, semblent les déranger effrontément dans leur rituel de chasse.
On achète rapidement à boire et à manger, et on refait le chemin inverse, chargés de sacs en plastique qui ont la bonne idée d’être résistants, mais la mauvaise idée de s’étirer sous le poids des marchandises, jusqu’à transformer les poignées en fin fils à couper les doigts comme du beurre. Bon, j’exagère peut-être un peu, parce que j’ai encore tous mes doigts, mais je pense que vous avez compris l’idée ! De retour au camping, on patiente en attendant l’ouverture du site : Uno, ultimate. L’heure tourne calmement.
La suite de la journée fut relativement identique à celle de la veille : concerts, village associatif, soleil, chaleur. Avec un comparse en plus : Jne, qui nous a rejoints vers midi. Et à qui on avait dit d’emmener de la crème solaire. Mission accomplie. Mais sa crème solaire est bizarre : c’est une version avec grumeaux ! Grumeaux qui n’étaient pas présents lors de la constitution de ladite crème de protection solaire. Tant pis, ça peut pas être mauvais, et c’est mieux que rien !
Parmi les concerts, ont été suivis, de près ou de loin : FFF, Superbus, Sinclair (pas pour moi : j’avais décidé d’aller faire un tour rapide aux toilettes. Ca m’a pris une heure.), !!! (Chik, Chik, Chik), Lily Allen, et bien sûr Sum 41 ! Toute une époque ! Ils n’ont pas changés : toujours cette attitude d’ado rebelle d’il y a plus de 5 ans ! Mais ça fait du bien d’entendre ça : ça bouge, ça chante, ça slamme, ça pogote. Et il y a une bonne interaction avec le public, qui participe volontiers : super ambiance !
Pour ce qui est des stands, on finit le tour d’hier, on récolte tout ce qui traîne : préservatifs masculins, préservatifs féminins, gel, de formes et variétés différentes. Notamment ceux avec un emballage style paquet cadeau, marqué « Plaisir d’offrir ». J’adore ce concept ! On trouve aussi des préservatifs parfumés : pomme, tutti frutti, chocolat ! Je savais même pas que ça existait, au chocolat ! On en trouve aussi avec un kiwi dessiné sur l’emballage ! A un stand, il y a une maquette transparent en 3D d’un vagin, pour expliquer comment fonctionne le préservatif féminin. Parce que même si j’en avais déjà, on a beau regarder les schémas, on se demande quand même comment ça marche. Résultat : la maquette est bien foutue ! A ce même stand, il y a une boîte opaque avec un gode érigé au milieu. Le but est de le coiffer d’une capote, le tout sans s’aider de ses yeux : simulation de pose de préservatif dans le noir. Q1 s’y essaye et réussit sans problème, et me défit. Comme ça lui ferait trop plaisir de me voir faire ça, je refuse catégoriquement. Et j’ai bien fait, parce qu’à un stand 20 mètres plus loin, il y a le même jeu. J’y étais le lendemain, avec les elfes et Thieum. Cette fois j’ai joué, et j’ai gagné un magnifique stylo ! Que je n’aurais pas eu au premier stand. Inutile de dire que Q1 était vert kiwi de jalousie !
Deux gens, habillés façon clowns, ou mimes, peut-être, avaient eu la bonne idée de se mettre à l’ombre pour faire leur numéro. On profite donc du spectacle à l’abri du soleil : les mimes-clowns sont passés maîtres dans l’art du façonnage de ballon. Vous savez, ces ballons de baudruche tout en longueur, façon saucisses, qui servent généralement à fabriquer des animaux : chiens, girafes,… Sauf que ces messieurs ne font pas comme tout le monde : les animaux, c’est dépassé, vivent les chapeaux ! Ils réalisent donc des couvre-chefs artistiques en deux temps trois mouvements, se laissant guider par leur imagination. Le résultat est vraiment magnifique, et très spectaculaire ! Je vous en montrerai bien, mais j’ai pas de photos… En quittant les chapeliers, Q1 et moi refaisons un tour au stand gay, qui était juste à côté, histoire de discuter encore un peu, et d’éclater des ballons.
La journée se termine dans cette même ambiance de fête. Au détour de mes trajets sur le site, j’ai encore croisé du monde dont je ne soupçonnait pas la présence au festival : une collègue du boulot, que j’avais déjà croisé dans les couloirs, mais que connaissais seulement de vue. Je sais maintenant qu’elle s’appelle Audrey. Et des ensibiens, encore et toujours : trois groupes différents : Luc d’un côté, Giang de l’autre, et enfin Laetitia avec son copain. Le samedi ayant été la journée la plus peuplée, c’est paradoxal d’avoir croisé tant de monde : plus il y a de monde, et plus c’est improbable de tomber sur quelqu’un qu’on connaît, mais plus il y a de monde, et plus il est probable qu’il y ait des gens qu’on connaît.
Le soleil est couché, le dernier concert se finit. La nuit DJ va commencer. Q1, Elsa, Fred, son binôme, sa cousine (du binôme) et moi-même attendons de voir ce que ça donne. Ca commence doucement : pas grand monde, donc pas beaucoup d’ambiance. Je me refroidis à ne rien faire. Je finis par décider d’aller dormir. Elsa m’accompagne, nous rentrons au camping. Les autres restent sur le site. Je retrouve Jne, que j’héberge, assoupi. Je me couche en réussissant à ne pas le réveiller. Heureusement qu’il avait des boules quiès…
Finalement, on s’endort pour la dernière nuit au camping…
La journée du dimanche commence comme celle du samedi. Cette fois, on va chercher du brownie : il n’y a pas de queue. On complète le petit déj’ avec les restes d’hier. On décide de plier les tentes et de ranger les affaires, pour partir plus vite. On ne laisse qu’une tente montée, où on stocke les affaires. On refait un tour à la protection physique, mais, comme explicité plus haut, leurs stocks sont vides, il faut attendre le ravitaillement. Tant pis. De toute façon, les nuages filtrent les rayons : le soleil ne nous agresse pas directement.
D’ailleurs, le soleil ne nous agressera plus de toute la fin de ce week-end. La pluie, par contre, viendra nous rafraîchir. Quelques gouttes tombent. Puis plus rien. Le ciel reste gris. On s’immisce dans la file d’attente pour le manège. Il recommence à pleuvoir. Violemment, cette fois. Et quand on est juste à l’arrivée, en plus. Le site est rapidement trempé. Le manège aussi. Il tourne quand même. Vite. Façon essoreuse à salade. La salade ressort sèche. Par contre, ce qui est autour se prend toute la flotte, et ressort mouillé. Et dans ce qui est autour, évidemment, il y a nous.
Le manège s’arrête, nos prédécesseurs descendent, on les remplace. Le manège aurait pu nous sécher. La différence avec l’essoreuse à salade, c’est que quand on essaye d’essorer les feuilles, on évite de faire pleuvoir dessus. Au-dessus du manège, les nuages n’ont pas fini de pleurer. Quand le manège s’arrête, j’ai la jambe gauche, qui était à l’extérieur, complètement inondée. Et la droite, qui était à l’intérieur, se moque de sa congénère, car elle, elle est toute sèche.
Kaolin a commencé à jouer sur la scène couverte. On va s’y réfugier. C’est bondé : bien évidemment, nous ne sommes pas les seuls à être venus se réfugier ici. Dans la chaleur humaine, on ne sèche pas, mais au moins, on n’a pas froid. On se laisse porter par la musique, pas désagréable du tout. Jne est juste à côté. Je ne sais pas où sont les autres, mais nous deux ne voyons rien de la scène. Heureusement qu’il y a un écran de chaque côté, ça permet de suivre un peu. Mais je trouve quand même dommage de rester à scruter un écran, alors qu’on peut voir la même chose en vrai. Le pire, c’est sur la grande scène, à l’extérieur, où j’ai vu des gens qui ne regardaient que l’écran géant, alors que la vue de la scène était dégagée… bande d’accros télévisuels !!
Le show de Kaolin se termine, la majorité de la foule reste à l’abri sous le dôme. De toute façon, je suis déjà mouillé. Je décide d’aller au camping, me changer et prendre mon K-Way. Je patauge dans la boue, traversant le site dans toute sa longueur pour arriver à l’entrée du camping. Je passe les contrôles, j’arrive à la tente. La pluie s’est calmée. Le temps de changer de sweat et de t-shirt, elle s’est quasiment arrêtée. J’enfile tout de même mon K-way, on ne sait jamais.
Sur ce, Jne me rejoint, et m’apprends que les autres arrivent aussi à la tente. Plus personne n’est motivé pour rester : ils sont mouillés et ont froid. Au départ, on devait enchaîner les deux derniers gros concerts, Mass Hystéria et Trust, et partir un peu avant la fin de Trust (qui se finissait à 22h), pour éviter la cohue. Après Trust, il n’y avait plus qu’un concert : celui de Diam’s. En faisant ça, on aurait donc en plus protégé nos oreilles d’un traumatisme auditif.
Mais visiblement, il n’y avait que moi, changé et sec, qui avait un tant soit peu envie de rester. Certes, pogoter dans la boue, c’est pas génial. Mais rien n’empêche de rester à écouter sans bouger, même si c’est dommage. Surtout pour Trust. Mais bon, à part Antisocial, je crois bien que je ne connais rien de ce groupe. A 1 contre 7, ne faisant pas le poids, je fais un dernier tour des stands pour acheter un t-shirt Solidays, et on décolle. Entre temps, la tente a été démontée, et mon marteau récupéré. On se dirige donc vers la sortie, nos sac derrière nous, et c’est parti direction le métro.
Le voyage de retour se fait tranquillement. On discute dans le métro. Certains en profitent pour manger les restes du shopi. Moi, je n’ai pas faim. Arrivés à Austerlitz, on a de la chance : il y a un RER 5 minutes après. On monte, on s’installe. Tout le monde a l’air mort. Etonnant. Moi, j’ai pris le rythme : samedi et dimanche je n’ai vraiment émergé que vers 14h30 – 15h, mais là je suis en forme. Q1 somnole sur le siège en face, je discute avec Fred et Elsa, sur le siège derrière moi. J’émets l’idée de finir la soirée chez Fred, puisqu’on rentre plus tôt que prévu. L’idée est tentante, mais tout le monde semble trop fatigué pour avoir le courage de la concrétiser. Tant pis.
Le trajet se termine, on descend à Bourray. Q1 ramène Fred, Elsa et Jne. Thieum et Céline partent ensemble. Je me retrouve seul dans la voiture, direction Mennecy. Ce soir là, pas envie de dormir avant minuit, je traîne sur les forums et les blogs, je laisse des commentaires. Ces trois jours ont été supers : la musique, l’ambiance, le saut à l’élastique. Tout était génial. Mais sans vous, avec qui j’y suis allé, ça aurait vraiment été nul. Ca n’aurait même pas valu le coup que j’y aille. Parce qu’on a beau s’amuser, c’est avec mes amis que je m’éclate le plus. Et me retrouver soudainement tout seul, ça faisait bizarre : le week-end m’avait fatigué, la fin du week-end vidé.
Alors, c’est quoi, le plus important, pour être bien ? Pas le lieu, pas l’heure, pas l’occupation. Mais vous, tout simplement.