Anniversaire
Deux ans de célibat, ça se fête, non ? Hé oui, ça fait maintenant deux ans que je suis seul. Le célibat, au début, on s’en fout, on n’y pense pas. On ne réalise pas que, du jour au lendemain, on ne va plus voir la fille avec laquelle on a passé quasiment 4 ans, dont 1 de vie commune. Parce qu’au début, en fait, on ne pense pas à grand-chose. On est juste triste. Envie de rien. Pas envie de bouger, pas envie de sortir, envie de rien faire. Plus de motivation pour rien.
Et puis, petit à petit, le temps passe. Une période variable selon les gens et les situations, je pense. La solitude commence à se faire sentir. Certains penseront directement, je suis sûr, au manque de sexe. Non, ça, c’est pas gênant. Ce qui manque le plus, c’est la présence de l’autre. Je n’entends pas par là une personne qui vit à côté de soi, comme pourrait le faire un colloc’. Non, je parle de quelqu’un qui vit avec soi.
La différence ? Tous ces gestes, ces remarques, ces regards, qui sont tellement normaux dans une relation qu’on n’y fait plus attention, mais qui sont terriblement importants : un bisou dans le cou en passant, une main baladeuse, des bras qui vous enserrent, un regard malicieux, une attention particulière. Quelqu’un qui pense à vous, tout simplement : une lumière allumée quand vous rentrez, un téléphone qui sonne, un sms qui arrive, un petit mot qui vous attend quand vous trouvez la maison vide.
C’est tout cela qui fait qu’on se sent seul, même entouré de plein d’amis : on sait qu’il n’y a personne en particulier qui pense à vous, plus régulièrement que tous les autres sur Terre, et pour des raisons différentes. C’est une extension de soi qu’on a perdue. Et on aimerait bien qu’elle repousse. Comme la queue des lézards, on sait que ça peut repousser. Et on n’attend que ça, que ça repousse. Parce qu’on sait ce qu’on a perdu, et qu’on en a incroyablement besoin.
Certains me diront : « deux ans, ça va : avant ça, t’as connu 17 ans de célibat ! » C’est vrai. Mais en partie, seulement. Parce que avant l’adolescence, les filles, on s’en fout. Et l’adolescence, ça commence vers 14 ans. Ce qui laisse 3 ans de célibat. D’accord, ça fait toujours un an de plus. Mais mon célibat n’est pas fini, et je ne sais pas quand il s’arrêtera. Et, surtout, il y a une grande différence : avant, je ne savais pas ce que je manquais.
Mais maintenant, j’y ai goûté. Je sais que c’est bon. Je sais que j’en reveux. J’espère que j’en aurai bientôt. Mais c’est bien là les seules certitudes. Parce qu’une relation, je trouve ça difficile à commencer. Je sais que je ne pourrais pas être avec quelqu’un que je ne connais pas un minimum. Il faut que je discute, que je passe du temps avec : un coup de foudre, c’est juste tomber amoureux plus rapidement. Mais l’instantané, ça n’existe pas. Comment on peut passer juste une soirée avec quelqu’un, et se promettre des choses ? Si c’est pour se séparer après une nuit, un week-end, une semaine, ça vaut pas le coup.
L’amitié se forge en connaissant ses amis, en discutant avec eux, en découvrant ce qui les intéresse, et qui ils sont vraiment au fond d’eux. L’amour, c’est encore au-dessus de l’amitié. C’est de l’amitié particulière. Alors pour y arriver, il faut emprunter un chemin similaire. Et je sais que je ne pourrais pas embrasser une fille que je n’aimerais pas.