Arbre

Publié le par Meuble

Je me suis dit que j’allais parler du week-end. De la soirée de samedi. Mais finalement, je pense que je le ferai plus tard, demain peut-être. Pourquoi ? Parce que ce matin, j’ai pas envie de bosser. Pas la tête à ça. J’ai envie d’écrire. Je me dis qu’il y a des choses plus importantes dans la vie qu’une journée de travail. Il fait beau, pour une fois, le soleil filtre à travers les arbres, et on entend les oiseaux chanter par les fenêtres ouvertes. Je suis sûr qu’il y a un merle, quelque part, posé sur une branche. Il habite là : c’est son arbre. Il l’a vu naître, il l’a vu pousser, il l’a vu grandir. Il a vu les branches se former, grossir, se diviser. Certaines ont été coupées, elles ont repoussé. Pas exactement comme avant, mais elles sont là. Droites, courbées, grosses, petites... peu importe, elles ont toutes le mérite d’exister. Et c’est ça l’important. Elles sont autant de perchoirs pour le merle, mais nul ne sait où il va se poser, pas même lui. Il regarde l’arbre évoluer, et s’interroge. Est-ce lui qui va choisir la branche, ou la branche qui, en poussant, va arriver sous ses pattes ? Pour l’instant, il attend. A l’ombre de son arbre, tranquillement. Sous ces feuilles qui le protègent et le font respirer. Il regarde alentour. Il y a plein d’arbres. Eux aussi grandissent, évoluent. Ils poussent dans toutes les directions. Et certaines branches se rejoignent.

 

Les arbres se regroupent, forment un bois, une forêt. Ils interagissent, discutent, échangent. Ils vivent en société. Ils ne peuvent pas bouger, mais même ceux qui sont loin les uns des autres arrivent à communiquer. Il y a des relais réguliers pour transmettre les messages. Ils se soutiennent les uns les autres, ils se concertent, ils décident du futur : ils vont continuer à aider leurs prochains. Ils produisent de l’oxygène pour que les autres puissent vivre. Ils servent de refuge, d’abri,  de maison. Ils protègent tout un écosystème. Sans eux, le monde s’écroule. Leurs racines tiennent la terre, le réseau sous-terrain qu’ils créent est la charpente du sol. Leurs troncs sont des piliers, leurs feuilles autant de soutiens : ils portent le ciel. Les arbres représentent la vie, et la vie est parfois représentée par un arbre.

 

La vie est belle, les arbres aussi.

Publicité

Publié dans Pensées en bouquet

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
Lorsque un couple d'amants se promène au coeur de ces vastes forêts d'arbres, il y en a toujours un plus beau que les autres. Toujours un qui promets milles et unes merveilles sous son feuillage étincelant.<br /> Alors tout naturellement c'est cet arbre que ce couple choisit pour servir de théatre à un long et passionné baiser. Parce que cet arbre protecteur est si majestueux, et que le merle posé sur ses branches paraît si bien... Alors on sourit à notre tour, et on contemple cette merveilleuse symbiose entre l'oiseau et son partenaire.<br /> <br /> tendres baisers...
Répondre
N
Le merle regarde aulentour. Il y a un arbre, là, juste à côté, si près et si loin à la fois. Cet arbre, il est là depuis un petit moment. Tranquillement. Paisiblement. Un petit arbre qui ne fait pas de bruit mais qui regarde le merle.<br /> Au début, le merle ne l'avait pas vraiment vu. Il s'avait qu'il était là, mais il était trop occupé à voleter de partout pour vraiment le regarder. Puis, un jour, le vent a soufflé. l'arbre a eu comme un soubressaut, et il a attiré l'attention du merle. Le merle l'a regardé comme s'il le voyait pour la première fois. Il l'a observé. Il a écouté le vent dans son feuillage. Il s'est pris d'affection pour cet arbre si mignon, si touchant.<br /> En le regardant il s'est sentit mieux. Plus serein. Moins seul. Il a arrêté de voleter de partout, sans pour autant arrêter de regarder les autres arbres.<br /> Mais ses petits yeux brillants reviennent toujours sur cet arbre. Il aimerait bien y habiter. Il aimerait bien se pelotonner dans son feuillage vert.<br /> Seulement, il se pose une question : quelle branche l'arbre va-t'il tendre pour qu'il monte dessus? Faut-il qu'il aille la chercher? Où viendra-telle toute seule? <br /> L'arbre a l'air tout timide. Ou est-ce simplement pour ne pas effrayer l'oiseau?<br /> Alors le merle attend, il attend en rêvant de l'arbre. Il est toujours un peu impatient, mais au fond de lui, il se sent plus serein. Il pense à ces deux arbres, et les imaginer réuni le fait sourire de bonheur.
Répondre
N
Les arbres se comprennent tellement bien, parfois, qu'on ne peut trouver qu'une explication à cela : la même sève coule dans leurs veines.<br /> Poésie magnifique, forêt luxuriante, Vie savoureuse. Merci.
Répondre
M
Au pied de l'arc-en-ciel, disait la fée, il y a un arbre. Un arbre tout petit mais déjà si vaillant. Quand tu auras mal petite fille, cours t'asseoir sous ses branches, et pense à moi. Je serai là, dans le coeur de cet arbre, et je soulagerai ta peine...<br /> <br /> J'ai oublié la suite de l'histoire... et le début aussi ! C'est un conte qui me plaisait beaucoup. T'as raison, la vie est belle, les arbres aussi...
Répondre