Appats rances

Publié le par Meuble

Compte-rendu de la visite d’hier

 

Ca y est, elle est arrivée, elle a visité, elle est repartie. Ca avait l’air intense ! Parce que moi, j’étais en formation hier et avant-hier, toute la journée. Donc un peu exclu du monde, bien que la formation se passait dans nos locaux. Enfin, formation… Disons qu’un gars nous présentait des trucs, mais franchement, il était vraiment pas bon… Il était venu nous présenter un logiciel que sa boîte a développé, parce qu’il pourrait nous intéresser. Pourrait seulement, parce que le logiciel en question, c’est un outil de planification, comme MS Project, pour ceux qui connaissent. Et des logiciels de planif, y en a d’autres. Le but de la formation était donc de nous présenter la dernière version de l’outil, ses possibilités, ses atouts, en quoi il était intéressant, etc. Mais notre formateur, s’il avait voulu discréditer à jamais sa capacité de transmission de savoir, son logiciel, et son entreprise, je pense qu’il aurait pas pu faire mieux. Pour le débriefing, à 10 contre lui tout seul, il devait pas être très à l’aise… Mais on est resté gentil, quand même, parce qu’on est resté objectif dans notre conclusion vis-à-vis de son outil, on l’a pas (trop) critiqué en personne. Parce que l’outil, il est pas mal, très complet (mais super complexe et pas du tout intuitif), mais pas forcément bien adapté à ce qu’on veut en faire. La prochaine fois, il préparera sa formation, ce sera quand même mieux. Là, pour le coup, il n’avait qu’un power point qu’il connaissait pas, dont il sautait allègrement des passages au lieu de suivre tranquillement le fil, et plutôt que de nous montrer comment utiliser son logiciel directement via le logiciel (ç’aurait été trop simple, avouez), il nous montrait des petits screenshots des menus en nous disant « si on clique là, ça affecte une ressource à une tâche d’un sous-projet du portefeuille préalablement créé en passant par le menu de gestion de projets qu’on a entr’aperçu il y a ¾ d’heure, et ça envoie l’info au gestionnaire de la ressource via le workflow, même si le responsable est lui-même gestionnaire, auquel cas il s’envoie en fait automatiquement un message à lui-même. » Sans compter que la version de l’outil qu’on a pu manipuler, c’est pas une version finie. Donc plein de bugs de partout, par exemple on ne peut pas personnaliser l’affichage des tableaux, donc si on ajoute des colonnes qui sont masquées par défaut, qu’on change de menu, puis qu’on revient sur notre premier tableau, il faut de nouveau rajouter les colonnes. Et ceci sur chaque menu, et à chaque fois qu’on quitte le menu : la mise en forme est perdue… Mais le pire, ça reste les manipulations qui semblent être des bugs. Mais en fait non. Par exemple, on peut choisir des unités pour les différents éléments du projet. Si on choisit l’euro, pour tout ce qui est dépenses et coûts, c’est valable pour les données qu’on saisit. Par contre, les données affichées, non. « Pourquoi je vois affiché un budget de 440.000€,  alors que j’ai entré un total de 370.000€ ? » « Heu… bonne question… Je sais pas… Attendez, je vais chercher… » Il tritouille son logiciel dans tous les sens. « Ah, mais en fait, ça doit être juste que c’est affiché en dollars. » « Ben oui mais j’ai mis les unités en euro, moi ». « Ouais mais c’est affiché en dollars, là. » « … » Bon, ok, pourquoi pas… C’est juste débile, comme principe… « Oui, mais attendez, le dollar est à 1.6€, en ce moment. Et 370*1.6, ça fait pas 440 ! » « Ah oui, mais le taux se met pas à jour automatiquement ! » Ah ben oui, suis-je bête… C’est pas parce que c’est une version web, qui se met à jour (en théorie) toute seule, que TOUS les paramètres se mettent à jour tous seuls… Petite vérification. Hé oui, y a bien un facteur 1.2 entre 440 et 370. Ca doit bien être ça, alors, c’était la valeur du dollar y a pas si longtemps… Et ce problème d’unités différentes selon les menus, c’est aussi valable pour les temps. Si je demande des jours, c’est pas exclus qu’il m’affiche des années... Mais à part ça, tout va bien…

 

Bref, ce n’était qu’une (petite ?) digression, le sujet principal, c’était la visite de la patronne. Ou plutôt ses conséquences. Parce que la patronne, ben elle a discuté avec notre directeur, elle a fait des visites dans des bureaux, elle a fait son discours (bien sympa, d’ailleurs, elle parle pas pour rien dire, au moins), et elle est repartie, parce qu’elle était attendue autre part l’après-midi. En fait, ce sur quoi je voulais discuter, c’est la périphérie de la visite. Mon N+2 est un grand stressé, il était tout blanc quand il a appris qu’elle venait, on a cru qu’il allait nous tomber dans les pommes s’il avait pu. Du coup il voulait que tout soit nickel. Il nous a fait enlever tous les petits trucs qui traînent sur nos bureaux, toutes les petites affiches scotchées aux murs, tout ce qui faisait pas sérieux, en somme. Alors, outre le fait que ça n’a servi à rien puisque de toute façon, il y avait tellement de monde que les murs étaient cachés, pourquoi faut-il que l’environnement soit absolument nickel quand quelqu’un « d’important » passe dans le bureau ? En quoi quelques affiches ou bibelots qui traînent, qui font partie de l’environnement de travail, mais ne témoignent absolument pas de la quantité ni de la qualité de travail fourni, en quoi cela est-il dérangeant ? D’accord, ça fait peut-être pas sérieux, mais tout le monde sait très bien qu’il y a plein de gadgets qui n’ont rien à faire dans un bureau qui traînent quand même les bureaux ! Ce n’est pas parce que ça arrive que des hélicos volent dans le bureau que c’est tous les jours qu’ils décollent, et que c’est à longueur de journée ! Pourquoi faut-il toujours que quelqu’un s’attache aux apparences et non au factuel ? Ce qu’on voit a donc tellement plus d’importance que ce qu’on regarde ? Si on cache certaines choses, c’est qu’on considère que ça a de l’importance. Et celui qui découvre les cachettes fera le même raisonnement. C’est mettre l’accent sur ce qu’on voulait cacher, alors qu’on l’avait caché pour des raisons de politiquement correct… Je trouve ça quand même complètement hypocrite… L’habit ne fait pas le moine, comme on dit, mais franchement, j’aimerais bien que tout le monde intègre cette maxime et que les préjugés soient éradiqués !

 

Idéaliste, moi ? Mais si on ne l’est pas, comment espérer faire bouger les choses ?

Naïf, moi ? Mais peut-on être idéaliste sans être naïf…

Publié dans Pensées en bouquet

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Panthère 27/04/2008 18:29

Oh, c'est sans doute parce que j'ai été conditionnée comme ça chez moi que je fais la remarque... Mon père, macho ? Si peu...

Meuble 25/04/2008 18:42

"pas de chemise à repasser, trop bien ! (Pour lui comme pour moi, c'est
quoi ce principe machiste qui voudrait que ça soit MOI qui les repasse
?"Panthère ou le principe de "je me défends contre des accusations qui n'existent pas, ce qui résulte en une mise en relief du point que je voulais éviter de faire ressortir" XDNon, franchement, il m'était pas venu à l'idée que tu puisses repasser ses chemises, et c'est pas en dénonçant des comportements qui devraient couler de source avant que quelqu'un fasse la réflexion que les moeurs vont changer ;)

Panthère 24/04/2008 23:36

Elle est venue, elle a vu, elle a vaincu, c'est un peu l'idée ? ;)Et pour l'histoire de "tout nickel"... un stress mal géré, veut absolument tout faire, pis y'a un côté des hiérarchies voulant absolument annihiler notre côté "humain", "imparfait", et donc des choses qui traînent et qui rappellent que nous ne sommes pas des robots à la botte de la hiérarchie.Et c'est ton statut social qui veut ça. Je ne pense pas qu'on en demande autant sur les apparences à un simple employé qu'à un ingénieur/cadre ^^ (mon père en costard tous les jours, mon chéri en bleu tous les jours... Ah ah pas de chemise à repasser, trop bien ! (Pour lui comme pour moi, c'est quoi ce principe machiste qui voudrait que ça soit MOI qui les repasse ? Sans rire...))